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Libre cours à l'éducation

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vendredi, novembre 5 2004

Les portails: ouverture sur le monde ou fermeture sur son monde ?

J'ai déjà laissé un commentaire sur le billet de Gilles par rapport au contenu validé et aux portails. J'ai pensé pousser la réflexion un peu plus loin suite au commentaire de Clément. En résumé, Clément (me corrigera si nécessaire) affirme qu'en général, les portails n'enferment pas nécéssairement les élèves, mais que les portails commerciaux ne respectant pas les standards et normes ouvertes auraient une tendance plus marquée à cela.

D'après moi, ce n'est pas seulement une question de respect des standards ou normes.

C'est plutôt cette drôle d'habitude qu'ont les gens qui développent les portails (dans le cadre scolaire) de vouloir que le portail soit le centre de l'univers (j'exagère à peine).

Un portail qui serve de centre de communication, je trouve cela très intéressant. Courriels, messagerie instantanée, partage de fichiers, tableau blanc. Tout cela est très intéressant.

Par contre, lorsque l'on étend le concept à rendre "captif" le moteur de recherche par exemple, ou encore des listes de "sites validés" (hum, il me semble que ça ressasse quelques discussions épiques ça), ou des sites web "entre nous" (le site web d'une école à l'intérieur d'un portail), alors là, je déchante un peu.

C'est dans ce genre d'initiative que l'enfermement dans un portail est risqué.

Remarquez, c'est le genre de choses qui peuvent, d'après moi, se passer auprès des personnes qui sont moins à l'aise avec les technologies. Les élèves, en général, ne se préoccupent pas de ces barrières. Si le portail les enferme trop, ils vont tout simplement passer à côté et ne pas utiliser les fonctions qui les gènent.

Ce qui est constructif dans cela, c'est d'éviter de tout planifier et d'attendre des années pour avoir des portails parfaits. Les gens ont souvent tendance à voir de tels outils comme étant statiques, ils y consacrent plus d'un an de développement, et finalement, lors du lancement, la technologie et les besoins ont changé.

J'ai pas de solutions miracles, mais entre autres, des outils "standards" pour des utilisations qui leur conviennent (un courriel, ça permet d'envoyer des messages à d'autres courriels dans Internet, c'est asynchrone, etc), c'est déjà un début.

On peut se créer en privé une liste de diffusion fermée pour s'entre-aider sur le logiciel OpenOffice par exemple.

Ou on peut profiter de la communauté et l'enrichir en utilisant un forum public, communautaire comme ceux de Linuxédu-Québec.

Deux façons de développer la culture de réseau. La deuxième (que ce soit sur Linuxédu-Québec ou ailleurs, tant que c'est public) me semble plus prometteuse que les portails captifs. La difficulté, c'est que pour des raisons "de validation", on a souvent tendance dans les portails à ne pas pointer vers des ressources publiques "non validées", même si cet aspect d'être capable de faire des recherches simples sur le web que j'avais déjà commenté est nécessaire dès le primaire.

Enfin, tout ça sont une série d'idées sur la question. Vos commentaires vont peut-être amener la discussion dans une autre direction ?

jeudi, novembre 4 2004

De la forme, mais surtout du fond

Clément nous parle dans un billet de TIC et nouveau programme de français. Entre autres, il mentionne au passage

Aussi, le logiciel dont je (...) parlais. Particulièrement intéressant pour le changement de paradigme qu'il propose au regard du concept même de traitement de texte: http://carnets.ixmedia.com/osmoze/archives/002113.html

Tout d'abord, j'ai bien hâte qu'un tel logiciel, s'il est si extraordinaire qu'on le dit, passe en logiciel libre. Mais j'ai quelques doutes, sur le changement même par rapport au traitement de texte... Il y a quelque chose de plus profond derrière tout ça selon moi.

Changer de paradigme au niveau d'un traitement de texte, c'est cesser de prendre la forme (ou la surforme: les couleurs, la sorte de police, etc) pour le fond.

C'est de structurer son texte correctement. Partie, paragraphe, titre de niveau 1, titre de niveau 2, section, auteur, ...

Il est temps de lâcher le WYSIWYG (what you SEE is what you get) par des traitements de texte (si on peut les appeler ainsi) de type WYSIWYM (what you see is what you MEAN).

Le travail dans des logiciels de type SPIP ou encore ce logiciel de carnet permettent ce type de traitement dans une certaine mesure (spip demande titre, sous-titre, chapeau, description, texte). D'autres logiciels comme Lyx sont vraiment des logiciels de type WYSIWYG WYSIWYM. Ça permet de se concentrer sur le contenu plutôt que sur le contenant.

Et avec près de 10 ans de traitement de texte où on changeait "comme on voulait" la couleur de la police sans aucune raison structurelle valable (pourquoi tu mets ça en rouge ? parce que c'est plus beau ? ou parce que c'est en emphase ? Dans ce cas, pourquoi tes autres parties de texte en emphase ne sont pas en rouge ??), ce ne sont pas toujours des habitudes très très facile à changer...

Être forcé de placer du texte dans un tableau "parce qu'il le faut" quand il y aurait probablement 3 ou 4 autres façons de présenter cette information, c'est un bel exemple de ces mauvaises habitudes. Parce qu'on est conditionné à faire du WYSIWYG. Or, quand vient le temps de "déconstruire" un tableau pour présenter l'information autrement, la tâche est souvent très pénible.

L'un des grands intérêts des formats ouverts ou des standards ouverts, c'est de permettre une information interchangeable. Lyx nous permet d'enregistrer dans un format ouvert structuré, qu'on appelle LATEX. Cependant, d'autres logiciels, s'ils sont bien utilisés, nous permettent aussi de bien structurer un texte. Par exemple, OpenOffice, en utilisant des styles appropriés, peut produire des fichiers de contenu (de fond), que l'on choisira de sortir sous la forme que l'on voudra.

Les gens fabriquant pour la première fois une page web avec un outil de type WYSIWYG (Frontpage, Dreamweaver, mais aussi Mozilla Composer) vont souvent nous préparer de belles pages, avec très très peu de contenu. De gros titres, des couleurs et des petits bonshommes qui sautillent, mais pas de texte organisé, structuré. Il faut dire que j'ai moi-même passé par là (sans les bonhommes qui sautent). C'est assez long avant d'arriver à être capable de mettre une bonne quantité de texte efficacement sur le web avec de tels outils.

Par contre, avec les outils de plus en plus disponibles pour permettre à Monsieur-tout-le-monde de publier facilement sur le web en structurant correctement son texte(avec SPIP->http://spip.net/fr par exemple), je pense qu'on approche lentement de l'ère où le fond aura lentement plus d'importance que la forme.

À condition d'avoir quelque chose à dire, bien sûr :-)

vendredi, octobre 29 2004

En congrès...

Je suis présentement au congrès de l'Association des professeurs de science du Québec, rencontres intéressantes sur toutes sortes de sujets.

Richard Marceau (doyen de la faculté de génie, ceux qui ont mis sur pied Édulinux), nous a entretenu du logiciel libre en éducation. Faudrait bien que je le contacte pour qu'il rende disponible sa présentation. Sur Linuxédu-Québec peut-être ?

Vu aussi le documentaire Ceci n'est pas Einstein de Catherine Fol (qui nous en a parlé un peu après la présentation du film). Quel documentaire percutant. Ça m'a profondément marqué. Tellement que ma commande pour ses 3 films est déjà passée à l'ONF !

mardi, octobre 12 2004

Pourquoi c'est compliqué d'avoir des ordinateurs qui fonctionnent bien à l'école ?

Clément Laberge nous indique sur son carnet un spécial dans Vie Pédagogique sur les TIC, avec entre autres deux textes qui y sont publiés et qu'il a signé.

Je retiens du deuxième texte Les TIC à l'école ou « comment le monde a changé depuis ma naissance » cette phrase que l'élève avec lequel Clément discute a dite, fort à propos selon moi:

...je ne comprends pas pourquoi c'est si compliqué d'avoir des ordinateurs qui fonctionnent bien à l'école, alors que presque tout le monde en a un dans ma classe et à la maison...

Ma réponse: c'est parce que ce ne sont pas leurs ordinateurs (ceux des gestionnaires des écoles et commissions scolaires). S'ils s'en servaient souvent, ils n'accepteraient pas de tels ordinausaures . Remarquez, on peut faire de très belles choses avec des ordinausaures , qui n'en sont plus ensuite...

Autre partie de réponse, plus raisonnée celle là, c'est parce que les "adultes" dont l'élève parle dans le texte ont peu ou pas d'idée de ce qui se passe dans cette boîte et dans le grand réseau Internet. C'est dommage, mais c'est une réalité. C'est d'ailleurs ce genre d'aide que l'on veut apporter avec un site comme Linuxédu-Québec pour faire que les enseignants aient à leur disposition des outils pour mettre les élèves dans des contextes intéressants.

Bref, ce n'est qu'un début, car bien que cela tende à changer, les enseignants en début de carrière actuellement ne sont pas encore tous technologiquement éveillés. Ça ne saurait tarder, quelques années encore.

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