Des cadeaux qui se savourent lentement

J'adore l'histoire, et plus particulièrement l'histoire du 20è siècle. Comme ma blonde est au courant de ça, elle m'a offert l'an dernier pour mon anniversaire un livre intitulé "Paris 1919: Six Months that Changed the World", écrit par Margaret MacMillan, historienne à l'Université de Toronto. Une bonne brique dense de 500 quelques pages.

J'ai adoré ce livre, qui montre les tractations d'une conférence internationale de paix, avant que les médias de masse ne soient présents. Ce livre montre à quel point une énorme partie des problèmes internationaux actuels ont le Traité de Versailles comme origine.

Si ça vous intéresse, vous trouverez une revue assez positive du livre dans le NY Times lors de sa sortie.

Comme j'ai eu l'air d'aimer, ma blonde a réédité le coup cette année (bon choix de thématique), en m'offrant en quelques sortes la suite: "Postwar: A History of Europe Since 1945", écrit par Tony Judt.

Le site Metacritic semble dire que c'est un excellent choix (Universal acclaim !).

En tout cas, le premier chapitre montre à quel point ma blonde a eu raison de m'offrir ça, puisque c'est là qu'on se rend compte juste après la fin de la deuxième guerre mondiale l'étendue des conséquences que le traité de Versailles de 1919 a eu sur la carte de l'Europe de l'époque, et comment le retour des peuples dans les frontières de l'époque (qui ont été en vigueur jusqu'à la fin du 20è siècle pour la plupart) a été parsemé de ce qui serait qualifié aujourd'hui de nettoyage ethnique.

Bref, j'en ai encore pour 50 semaines de lectures, c'est une autre brique de 500 pages.

Merci à ma blonde pour le cadeau !

Tirer des laitues Iceberg , tout en ne regardant pas la caméra

Deux parties à ce petit billet, centré sur un drôle de phénomène de mode des émissions de cuisine.

Pourquoi avons-nous mangé de la Iceberg toute notre jeunesse ?

J'ai regardé avec en famille une émission assez tordante sur Food Network, animée par Jamie Oliver (Jamie at Home) sur les salades, où le "naked chef" essaie de vous montrer que c'est franchement simple de faire de la bonne bouffe.

Il déconstruit assez vite la préparation d'une bonne salade (et vinaigrette), et finit le tout par le tir "au pigeon d'Iceberg", en faisant lancer des laitues Iceberg dans les airs à son jardinier pour les tirer avec son fusil de chasse.

Je ne sais trop d'où est venue la popularité de la laitue Iceberg au Québec. Semble d'après cette émission que l'Angleterre adore aussi cela. Quête de simplicité ? Plus facile à laver ? Meuh non. Il semble, d'après ce site, que c'est tout simplement parce que c'est une des variétés qui résiste le mieux au froid, et que c'était la seule qu'on pouvait se procurer à l'année.

Morale de l'épisode: la Iceberg fait une bonne cible (au propre comme au figuré).

La mode de parler à une tierce personne à la télévision

Cette morale m'amène à aborder la forme de l'émission elle-même. À la télévision, il semble y avoir 2 grandes façons de situer la caméra dans l'environnement de l'émission. Soit on s'y adresse directement, comme si le téléspectateur était la personne à qui on s'adressait, soit on ne s'occupe pas du téléspectateur, et ce dernier est vraiment "spectateur" et observe la scène (lors d'une interview par exemple).

Par ailleurs, j'ai remarqué une troisième forme, plus frappante dans cette émission de Jamie Oliver, mais je me rappelle très bien que Daniel Pinard l'utilisait fréquemment aussi. C'est celle de s'adresser à quelqu'un qui est environ 1 mètre à côté de la caméra. Qui est-ce ? Le réalisateur ? Le régisseur ? On voit toujours la vedette regarder de façon légerement décalée,

Maintenant que j'ai vraiment remarqué cela, je ne sais pas jusqu'à quel point ça va finir par m'énerver. Ce qui me rebrousse les poils, c'est que ça fait un peu "artificiel". c'est comme si la caméra était là en observateur, mais pas complètement. Comme si le réalisateur avait mal placé sa caméra (youhou, elle est là la caméra, regarde la petite lumière rouge).

Est-ce une mode qui va se passer ? Comme la caméra-qui-bouge-tout-le-temps de Musique Plus dans les années 90 ?

De la signalisation en pays anglo-saxon nord-américain, première partie

De retour (sur le blogue aussi) de mes vacances, je me hasarde à une courte analyse de la signalisation routière du pays visité, les États-Unis.

La signalisation routière dans les pays anglos-saxons (nord-américains) est, selon mon analyse toute non scientifique, relativement verbeuse. En général, il existe très peu de panneaux qui sont composés uniquement de pictogramme.

Des exemples

Prenons comme exemple très simple le signe "Cédez le passage" , ou "Yield" pour les anglophones. Au Québec, on utilise un symbole , utilisé d'ailleurs dans les autres pays européens. En comparaison, les américains sentent le besoin d'écrire ce que ça veut dire.

Cédez le passage

Prenons un autre exemple, les avertissements de danger à l'approche d'une courbe. Aux États-Unis, on vous l'annonce comme suit:

Au Québec (et en Europe d'ailleurs), on ira pour le pictogramme de ce genre:

Allons-y pour le plus complexe, beaucoup de déchiffrage à faire. Disons que vous êtes dans un parc national où il y a beaucoup d'orignaux. On peut tout simplement vous l'expliquer avec quelques mots bien sentis. C'est ce qu'on fait au Vermont par exemple.

Ou tout simplement, comme au Québec, vous le montrer:

Nous ne sommes pas les seuls d'ailleurs. Les européens en général (les suédois dans le cas du panneau suivant) utilisent aussi ce genre de pictogramme:

Le besoin de nous parler ?

Bref, aussitôt que le québécois moyen se dirige en voiture vers les États-Unis, il remarque une drôle de différence. Les panneaux lui parlent, ils veulent lui transmettre une grande quantité de mots.

C'est une question éminemment culturelle, c'est notre oeil qui n'est pas habitué à ces images.

J'ose cependant avancer que les informations que lorsque l'on roule à 50 km/h sur une route, un pictogramme et des fléchages sont BEAUCOUP plus rapides à déchiffrer. J'ai remarqué à presque toutes les sorties empruntées aux États-Unis des panneaux du genre "Mike's Gas Station ---->", alors qu'au Québec, on y verrait le pictogramme d'une pompe à essence avec une flèche.

Est-ce que les mots ont toute la qualité de l'information requise alors que l'on roule à grande vitesse ? J'en doute. La preuve, ce sont les conventions de couleurs et de formes.

À force de lire sur le sujet, j'ai bien le goût de vous revenir sur cela, dans un prochain billet.

Références et manipulations des images

PS: Les images de la signalisation fournie par le ministère des transports ne sont malheureusement pas disponibles en format vectoriel ouvert SVG , j'ai du pour vous les fournir en qualité intéressante les télécharger au format eps, un format vectoriel ouvert, mais propriétaire. Ça s'ouvre ensuite directement avec Inkscape, si vous avez la librairie "pstoedit" installée. On enregistre en SVG, ou on exporte directement en png.

Les liens vers ceux-ci pointent sur le site du MTQ donnant les spécifications et les fichiers originaux pour les panneaux routiers. La page du MTQ sur la signalisation est également bougrement intéressante. J'y reviendrai dans un autre billet.

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