Bonjour, aujourd'hui je vais vous parler de...
Par Benoit S. le mardi, janvier 18 2005, 23:25 - Libre cours à l'éducation - Lien permanent
C'est en faisant un petit tour dans les billets des petits carnetiers du Devoir que j'ai vu ce début de texte qui me donne des boutons à chaque fois que je le vois...
Aujourd'hui, je vais vous parler des jeux vidéos...(extrait de L'industrie du jeu vidéo)...
Ce n'est pas du tout contre ce billet en particulier que j'en ai, parce les Petits Carnetiers sont en plein apprentissage.
C'est plutôt cette manie, cette structurite qui nous pousse à tout mettre dans des boîtes. C'est ce qui fait probablement qu'on montre à l'école aux enfants à débuter des textes écrits comme s'ils étaient devant une classe et qu'ils parlaient oralement. Après tout, ça aurait été étrange que je commence mon billet par "Bonjour, aujourd'hui, je vais vous parler de la manie que l'on transmets à l'école de commencer les textes par "Bonjour, aujourd'hui, je vais vous parler de..."" .
On a probablement fini par enseigner cela parce qu'on voulait montrer un plan de texte, on voulait toujours faire commencer les élèves par une introduction j'imagine. Donc, on a dû dire "une introduction, ça commence par "Bonjour, aujourd'hui, ..."".
Je pense que c'est ça que l'on veut faire en parlant de situations complexes et signifiantes. Dans la réalité, personne ne débute ses textes de cette façon (même pas ses présentations orales). Je ne vois pas pourquoi on le ferait avec des élèves, peu importe leur âge.
Enfin, c'est de la pensée à l'état brute, je n'ai pas tellement raffiné mon opinion. C'est aussi ça la beauté des carnets web.
Commentaires
Je ne veux pas me faire l'avocat du diable, mais Michel Rivard vient de renommer une compilation : "Bonjour, mon nom est toujours Michel Rivard et voici mon album quadruple".
Amicalement ;)
Attention.
Il a pas dit "Bonjour, aujourd'hui je vais vous parler de mon album quadruple".
:-p
Bonjour chers lecteurs et chères lectrices,
Le commentaire, le billet, l'émission, la chronique, d'aujourjourd'hui traitera, parlera, abordera, touchera, présentera...
La formule est valable à l'oral comme à l'écrit je crois.
Évidemment, moi je suis au secondaire ;o)
Intéressant point de vue.
Je retiens qu'effectivement, ce genre de formule sert beaucoup en introduction d'émission (télévisée, radiophonique).
Par contre, pour l'écrit, j'aimerais bien avoir une référence (et c'est là le point de mon billet). Parce que je n'ai jamais vu de textes "réels" (à part des textes d'élèves) de journaux, de magazines, de livres, d'articles commençant par cette formule.
Peut-être pour simplifier l'apprentissage du concept d'introduction?
Je ne me souviens pas avoir vraiment utilisé cette formule à l'écrit autre qu'au primaire.
Il me semble que ça n'aurait pas été bien reçu autrement. Évidemment, on pourrait supposer que mes souvenirs à ce sujet se sont estompés au fil des ans, aussi :)
Une recherche avancée Google avec « Bonjour, aujourd’hui » comme expression clé donne :
Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 4 730 pour "Bonjour, aujourd'hui". Je n’ai pas tout visité. Je me suis contenté de choisir ce qu’il y avait de plus pertinent parmi les 10 premiers résultats.
Bien sûr, ce n’est pas toujours de la grande littérature, mais qui a dit que dans la « vraie vie » tout était de la grande littérature ?
« Bonjour! Aujourd'hui, je vous parle de vente! »
www.acadie.net/chronique/...
« Bonjour.
Aujourd’hui, je désire vous entretenir …»
www.osfi-bsif.gc.ca/fra/i...
« Bonjour, aujourd'hui, séance de photos spécialement pour mes fans. »
www.rieppi.com/07-07-2002...
Je comprends très bien que vous faites référence au concept de situation réelle d’apprentissage. Mais, à mon avis, il faut faire attention à son utilisation : le réel est nécessairement plus vaste que la représentation que quiconque puisse s’en faire ; l’école, avec ses qualités et ses travers, n’est pas dans un ailleurs du réel, elle est réel.
Salut tout le monde,
Je ne peux m'empêcher de réagir à un tel commentaire parce que nous, les enseignants de français, nous voulons détruire, enrayer, écraser, cette façon d'introduire un sujet. C'est complètement fou, je ne peux pas croire qu'il y a autant d'écrits qui commencent par cette phrase absurde !
C'est dire que nous avons encore beaucoup de travail !
(Merci de m'avoir lu... ;-))
Annie :-)
Bonjour,
Je comprends la réaction d’Annie, même si je ne suis pas enseignant de français. J’approuve également, bien sûr, l’objectif d’amener les élèves à faire preuve d’un peu plus de style dans leurs introductions. Cependant, je rappelle qu’au départ, il était question du style d’un élève du primaire et de l’ancrage dans le réel de la situation d’apprentissage que constituait la rédaction de son billet.
Sur la question de l’ancrage dans le réel d’une situation d’apprentissage, la confrontation de l’objectif d’Annie et de ses collègues enseignants de français avec le résultat de la recherche Google montre bien que l’on choisit le réel auquel on veut se référer dans une situation d’apprentissage authentique.
Dans une situation réelle (authentique) d’apprentissage le réel reste problématique. Au réel de qui faut-il se référer ? À celui d’Annie et de ses collègues ? À celui des auteurs que j’ai signalés ? À celui des élèves auxquels on s’adresse ? Dans ce dernier cas, le réel des élèves est-il homogène ou diversifié ?
En tout cas, même si je lui reconnais énormément de mérite, le concept de situation réelle (authentique) d’apprentissage demeure encore problématique en ce qui me concerne.
Nouveau né recemment.